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Cadre général d’une histoire

12 Mar

Toute histoire est située à quelque part (lieu) dans un temps particulier (époque) et dans un contexte influençant la suite des évènements (contexte socioculturel) ; c’est ce qu’on appelle le cadre général de l’histoire. Que ce soit pour analyser le récit d’une autre personne ou pour préparer sa propre intrigue, il est important d’y réfléchir. Voici quelques grandes lignes pour guider votre recherche ou votre réflexion.

Les lieux dans un récit

D’abord, il faut se demander quel est le lieu principal de l’histoire : où les personnages passent le plus de temps? Où se déroulent le ou les évènements les plus importants ? Ensuite, il est essentiel d’en faire la description : À quoi ressemblent ces lieux ? Qu’y voit-on? Quelle atmosphère y règne ? Quel rôle jouent-ils dans l’histoire ? On peut également faire l’énumération d’autres lieux importants sans nécessairement en détailler la description. Ces lieux peuvent être un pays, une région, une ville, un quartier ou plus précisément un édifice, une maison, un lieu public, une pièce, etc.

Prenons l’exemple d’une histoire policière fictive. Il est possible que les personnages passent dans divers lieux tout au long de l’enquête. Il serait important de cibler une ou deux actions principales et décrire les lieux où elles se passent. On peut ensuite énumérer un résumé des autres lieux en mettant en évidence des points importants.

Dans le récit, on voit régulièrement l’enquêteur principal, M. Martel, dans son bureau. Ce dernier est un réel «bordel» : les meubles croulent sous les dossiers, les livres sur la criminalité, les tasses à café sales oubliées depuis des lustres et les mémos de toutes sortes. C’est pas mêlant, il y en a partout. Même le sol reçoit régulièrement son lot de revues à demi-lues et de boites pour les pièces à conviction ; il est même jonché de papiers déchirés et froissés qui n’ont pas atteint la corbeille lors de leur lancer. Et pourtant, le vieux rusé s’y retrouve toujours : ses neurones travaillent mieux dans ce cafouillis selon ses dires.

On voit, de son côté, le criminel qui évolue dans un milieu presque aseptisé : c’est un médecin d’excellente réputation. M. Andersen possède une immense maison dans un quartier cossu de la ville. Celle-ci se veut élégante, raffinée : tout son intérieur reflète l’opulence de l’occupant. Et grâce aux bons soins d’une armée de domestiques zélés, elle resplendit de propreté, jusqu’au lustre de l’austère entrée qui est astiqué régulièrement. On imagine difficilement une chambre de torture et des cellules dans les sous-bassements d’une telle demeure : chaines, crochets, table de torture, collection de couteaux, outils divers dont on n’ose imaginer leur utilité… et des murs parfaitement insonorisés, nécessité oblige. Pourtant, c’est le cas.

Les divers personnages évolueront dans plusieurs autres lieux de la ville tels que l’hôpital où travaille l’illustre médecin, des restaurants, un parc situé tout près du centre de police, les rues et les quartiers les plus divers, etc. Les deux antagonistes, le médecin et l’enquêteur, s’y croiseront à plusieurs reprises… laissant peu à peu au policier la chance d’entrevoir, sous l’arrogance du riche professionnel, une réelle cruauté.

L’époque et la durée du récit

Chaque époque (siècle, décennie, année) possède ses particularités, c’est pourquoi il importe de déterminer durant laquelle se déroule d’intrigue. Cela peut avoir un impact sur les actions et les réactions des personnages; bref, cela influence les évènements. Tout indice peut être utile pour déterminer autant l’époque que la durée du récit :

  • les indices de temps : indications des dates, des mois, des années, des jours et des heures, des saisons et des sauts dans le temps;
  • des moyens de transport qu’utilisent les personnages;
  • des moyens de communication employés;
  • les outils et les technologies anciennes ou modernes : pompe dans la cuisine, puits, ordinateur, I-pod, etc.
  • des évènements historiques ou culturels : guerre, évènements politiques, spectacles, …
  • le mode de vie et de relation des personnages;
  • etc.

Dans certaines histoires, l’époque est plus difficile à déterminer : dans les contes, les récits fantastiques ou de science-fiction par exemple. On peut tout de même les relier à une époque réelle : Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge, contemporaine (actuelle) … Reprenons l’histoire fictive du dernier exemple :

On pourrait situer ce récit dans plusieurs périodes historiques, mais l’emploi de technologie avancée et le mode de vie des gens supposent que celui-ci se déroule dans une période plutôt récente, actuelle. En effet, durant l’enquête policière, on fera appel à des moyens qui sont très récents : ordinateurs et réseau Internet, cellulaire, tests d’ADN, etc. En outre, les personnages emprunteront les services de transport en commun tels le métro et les autobus et ils utiliseront des voitures avec lecteur de disque compact, GPS et cellulaire intégrés. Enfin, l’organisation de l’hôpital, la salle d’opération bien équipée, la richesse du médecin, tout cela indique une période somme toute assez récente.

Pour ce qui est de la durée du récit, ce serait quelques semaines puisqu’on découvre d’abord des corps mutilés dans un coin reculé du parc près du centre de police. Ensuite, l’enquête piétine plusieurs semaines parce que les forces de l’ordre sont débordées et l’absence d’indices nuit aux recherches. Jusqu’au jour où le criminel, se croyant invincible, se montre imprudent : alors s’enchaine une course contre la montre de quelques heures seulement avant le dénouement de l’histoire.

Le contexte socioculturel

Le contexte socioculturel permet de situer le milieu dans lequel évolue les personnages, par exemple : s’agit-il d’un milieu urbain ou rural? Les personnages vivent-ils dans un milieu aisé, pauvre? Quel est leur milieu de travail? Quel est leur milieu de vie? On peut aussi présenter le cadre un peu plus général en parlant des moments historiques : guerre, évènements ou organisations politiques tels la monarchie, la démocratie, accord du droit de vote aux femmes, dominance de la religion, etc. On peut également parler des relations sociales : conflit entre anglophones et francophones au Canada, femmes soumises à l’homme et travaillant à la maison, le phénomène de l’enfant-roi, etc. Enfin, on peut noter l’origine ethnique des personnages, ce qui peut influencer pour situer l’époque. Finissons de situer le cadre du récit précédent :

D’abord, le milieu est aisé et fort distingué pour le médecin, M. Andersen. Il évolue dans un monde où les apparences, la réputation et l’argent font toute la différence. Il peut mener sa vie comme il l’entend, commettre tous les gestes d’horreur qu’il désire et il sera toujours admiré par ses pairs tant et aussi longtemps qu’il maintiendra un faux-semblant dans ses relations publiques. Il pourrait battre sa femme et ses enfants, il peut se montrer arrogant et dénigrer les autres autant qu’il le veut : l’argent qu’il possède justifie son attitude.

Du côté du policier, M. Martel, c’est différent. La considération des autres est toujours difficile à obtenir et surtout à conserver. Lorsqu’on n’est pas le patron, on n’est rien : on peut être échanger n’importe quand. Cela rend son travail difficile, car il doit justifier devant ses supérieurs les raisons pour lesquelles l’enquête piétine. Un peu plus tard, il devra se battre pour qu’on ne décide pas de baisser les bras et de clore le dossier. En outre, il doit composer avec une équipe pas toujours unie : même si les femmes sont acceptées depuis quelques décennies dans le milieu policier, ça ne veut pas dire que tous en sont heureux. C’est pourquoi M. Martel devra organiser le travail de ses subordonnés afin d’adoucir les relations entre ceux-ci; il jumèlera une policière avec son homme le plus ouvert d’esprit dans cette optique.

Bref, déterminer le cadre de l’histoire demande d’être attentifs aux détails du récit. C’est ce qui le rend cohérent et intéressant d’ailleurs. Souvent, le cadre du récit va déterminer l’enchainement des évènements. Par exemple, on ne pourrait voir un personnage fuir en avion si l’histoire se passait durant le Moyen Âge; ni voir une personne d’aujourd’hui, en Amérique du Nord, être paniquée par la perte de sa virginité en dehors des liens sacrés du mariage religieux, à moins de provenir d’une famille qui ne le tolère toujours pas; ou voir débarquer des chevaliers d’un autre temps en plein Festival de Jazz de Montréal. À moins de créer sciemment des anachronismes, c’est-à-dire des erreurs qui consistent à placer un concept ou un outil inexistant à l’époque illustrée par l’œuvre.

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3 Commentaires

Publié par le 12 mars 2010 dans Capsules du prof

 

Étiquettes :

3 réponses à “Cadre général d’une histoire

  1. meissner lousa

    20 avril 2016 at 04:36

    merci beaucoup !!!!

     
  2. c5892069

    18 mars 2010 at 10:15

    Merci de encore etre là pour nour guider. Jèspere que sa va bien pour toi et j`ai bien hâte de te revoir.

     
    • Julie Dubé

      18 mars 2010 at 14:43

      Ça fait plaisir de poursuivre le travail. Comme je poursuis l’enseignement à l’extérieur du centre, le blogue est un excellent outil pour répondre aux besoins de mes élèves. Et si d’anciens élèves reviennent y jeter un coup d’oeil, ils sont toujours les bienvenus 🙂 Je te souhaite une excellente poursuite de tes études et à bientôt!

       

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